Organiser un road trip

Le road trip, vous en rêvez, mais vous ne savez pas par où commencer ?

Je me propose pour vous donner quelques pistes ! Je ne prétends pas être experte en la matière, mais l’expérience (que ce soit en solo avant Doudou, ou en famille comme lors de notre trip vers la Slovénie) me permet de vous guider notamment sur les erreurs à ne pas commettre !

Bien sûr, chacun a sa vision d’un road trip et certains préféreront l’aventure à 100 %. Mais si, comme nous, vous espérez planifier un minimum, ou qu’il s’agit de votre premier road trip, voici quelques idées pour partir l’esprit tranquille.

Sur la route en Grèce

A faire

  • Déterminer les points de chute et la durée du road trip

La première chose à déterminer quand on organise un road trip, c’est bien sûr les endroits auxquels on souhaite faire étape. Il ne s’agit pas là de faire un plan détaillé aux coordonnées GPS précises des lieux où l’on s’arrêtera, mais plutôt de définir que l’on souhaite visiter telle région ou tel pays. C’est déjà un bon début !

Il est intéressant de lister ensuite les choses que l’on aimerait visiter, afin d’optimiser l’itinéraire. Ou de laisser libre cours au feeling une fois sur place. Google Maps est ton ami, et les nombreux blogs sur la toile aussi ! Une carte routière sous la main peut aussi aider à définir les itinéraires optimaux. Oui, je sais, ça marche aussi sur Maps, mais j’aime bien avoir ma carte papier quand je bouge, je l’ai toujours à disposition et je ne suis pas en galère si mon GPS ou mon smartphone ont décidé qu’ils ne m’aideraient pas.

Mettre ces éléments en parallèle avec la durée dont on dispose permet de peaufiner les étapes. En effet, on n’en verra pas autant si on part sur la route 10 jours que si on part 6 mois !

  • Se renseigner sur l’offre d’hébergements dans le secteur

Se renseigner, ce n’est pas forcément tout réserver à l’avance. Mais s’éviter des soucis, notamment quand on part avec des enfants, c’est aussi s’interroger sur ce qu’on pourra trouver sur place. Par exemple, il ne sera pas conseillé de road triper sur la Côte d’Azur au mois d’août sans réserver à l’avance ses hébergements. Lors de notre road trip vers la Slovénie, nous espérions faire un arrêt en Autriche. Après avoir consulté l’offre d’hébergement dans les coins où nous souhaitions nous arrêter, nous avons changé d’avis : c’était complètement hors budget !

  • S’informer sur les contraintes des pays traversés

    Léon dans les Ardennes

Si vous devez traverser un ou plusieurs pays vers votre destination, n’oubliez pas que vous serez soumis aux contraintes de chacun d’entre eux. Les règles de circulation peuvent être différentes (pensez à cette fichue « priorité à droite » que nous avons en France, qui doit surprendre bon nombre de voyageurs d’autres contrées par chez nous). Certains pays vous contraindront probablement à disposer de certains équipements au sein du véhicule, à l’instar de notre triangle et notre gilet jaune. Et surtout, de nombreux pays en Europe imposent l’achat d’une vignette pour circuler en toute légalité, notamment sur autoroute.

Si vous partez avec votre véhicule personnel, vérifiez les conditions de votre assurance. Etes-vous couvert dans les pays traversés ? Sous quelles conditions ?

Par ailleurs, si vous faites halte, pensez aux devises qui peuvent être différentes, même lorsque l’on reste en Europe. Il peut être bien pratique de prévoir des devises avant le départ. Dans certains pays, les paiements par carte bancaire sont peu répandus ; il vous faudra alors prévoir des espèces. Bref, les recommandations de base lorsqu’on se rend à l’étranger.

  • S’assurer que le véhicule tient la route

Si vous louez un véhicule pour votre road trip, en théorie vous ne devriez pas avoir de soucis. Du moins, les soucis liés au véhicule seront le plus souvent gérés par l’agence de location.

Si vous décidez de road triper avec votre véhicule personnel (voiture ou van/camping-car), il vous faudra prendre certaines précautions. Un véhicule récent et fiable devrait tenir la route, mais une bonne révision avant le départ est plutôt conseillée. Avec un véhicule plus ancien, il faudra s’assurer que celui-ci pourra tenir le choc des kilomètres engloutis. Quelques connaissances en mécanique pourraient vous sortir de certaines situations compliquées.

Je partage avec vous une anecdote pas top : je me suis retrouvée en Irlande avec mon véhicule (français donc) qui a présenté quelques faiblesses mécaniques, qui auraient été relativement vite solutionnées en France. Sauf que… le modèle de ma voiture n’ayant pas été importé jusqu’en Irlande, impossible pour le mécano de trouver la pièce à changer sur le territoire. La pièce aurait donc dû être importée => coût +++. Heureusement, cela s’est soldé autrement, mais c’est précisément le genre de pépin auquel on ne pense pas quand on quitte le territoire avec sa voiture, jusqu’à ce qu’on se retrouve dans une situation délicate. Vous n’avez pas envie que votre road trip soit impacté par quelques centaines d’euros de réparations ; pensez à toutes ces choses-là !

  • Budgétiser

Il ne s’agit pas là de déterminer au centime près ce que vous aller dépenser au cours de votre road trip, mais plutôt d’avoir une idée du train de vie que vous pourrez vous permettre. Faites le point sur les coûts moyens de certains pôles de dépenses dans les pays/régions que vous comptez traverser (essence, hébergements ou emplacements, nourriture…). Mais aussi sur la consommation moyenne de votre véhicule, sur les distances que vous comptez parcourir (pour évaluer globalement votre budget carburant), et sur le type de visites que vous espérez faire. En effet, entre faire le tour des musées et monuments d’une grande capitale et se concentrer sur de la rando en plein air, le coût des activités en sera fortement impacté. On se renseigne aussi sur le budget à prévoir pour utiliser les autoroutes (vignettes, péages…), à plus forte raison si on voyage en van ou camping-car.

En road trip à Monument Valley, USA

A éviter

  • Vouloir trop en voir

Sans doute la principale erreur, qu’on a tous faite, ou qu’on a failli faire ! On part découvrir un pays ou une région, et on s’aperçoit qu’il y a une multitude de choses qu’on voudrait voir. Mais… il faut savoir faire des choix. Car visiter un pays en profondeur nécessite vraiment d’y passer au moins plusieurs mois. Combien d’entre vous connaissent par coeur tous les trésors du pays dans lequel vous vivez ?

Est-ce qu’il vous viendrait à l’esprit de découvrir toute la France en 2 semaines ? Non ! Il vous faudra faire des choix pour ne pas trop charger votre programme !

  • Faire des étapes trop courtes

Ce point rejoint un peu le précédent : plus on veut en voir, moins on reste de temps au même endroit. C’est une très mauvaise idée ! Premièrement, en restant peu de temps à un endroit, on ne peut vraiment s’en imprégner. Deuxièmement, c’est ultra fatigant ! Quand on est en solo et qu’on a 20 ans, ça passe peut-être. Quand on est trentenaire (ou plus !) en famille, ça devient plus compliqué. Certes, les enfants s’adaptent très bien, mais il faut aussi leur laisser le temps de souffler. Voir 50 trucs par jour ne les intéresse pas ; il faudra prendre le temps de se poser.

Et un petit détail qui a son importance quand on vadrouille en famille… Les lessives ! Oui, ça a l’air un peu couillon rigolo comme ça, mais on en a fait l’expérience en Slovénie. Certaines étapes étaient bien trop courtes pour qu’on ait le temps de laver notre linge et surtout de le laisser sécher !! On a usé du Système D (mais oui, tu sais, celle qui consiste en laver à la main tes dessous et les dessous de bras de tes T-shirts vite fait, que tu fais sécher devant le radiateur). Mais franchement, on était contents d’avoir plus de temps à Ljubljana pour faire de vraies lessives.

  • Sous estimer les temps de trajet

« A la louche, y a 200km, on en a pour 2 heures ». Ou pas. On vous reparle des 50 km en 1h30 en Grèce ? Dans une région montagneuse, en périphérie d’une métropole, ou dans une région où les routes sont peut entretenues, il n’y a aucune vérité concernant les temps de trajet.

Google Maps vous donne une idée en fonction du type de route, mais aussi de la circulation habituelle à un moment donné dans la semaine. Cela peut vous éviter des surprises et vous permettre de ne pas foirer votre road trip à cause d’un délai non anticipé.

De plus, il faut prendre en considération que le road trip, c’est fatigant, et que des temps de trajets rallongés vont vous user (et user vos enfants !). Honnêtement, je ne me vois pas faire 200 km dans des lacets de montagne d’une traite, au beau milieu d’un road trip. Ni me farcir des centaines de kilomètres après avoir passé 2 heures dans des bouchons (coucou Paris !). Seule, c’est déjà usant, mais alors avec Doudou, c’est impensable ! « j’ai envie de faire pipi! ». « ça tourne trop, je me sens pas bien ». « pourquoi t’as dit un gros mot quand le monsieur il a failli te rentrer dedans ? »…

Vous avez saisi l’idée !

  • Emmener trop d’affaires

Léon sur la Côte d’Opale

Si vous partez à bord d’un spacieux camping-car (hello Morelo !), vous n’êtes pas vraiment concerné par cette « problématique », qui se pose principalement en voiture, surtout quand on part avec de jeunes enfants. On part avec l’idée qu’en voiture, on pourra prendre plus de choses que si on partait en train ou en avion. C’est vrai. Mais il va falloir tout de même faire des choix. On n’oublie pas que sur la route, on s’arrêtera sûrement faire un break, visiter un petit village qu’on n’avait pas forcément prévu, faire des petites courses… Tout ça, avec la voiture chargée à bloc. Aussi sûres soient certaines destinations, on évite à tout prix d’attirer l’attention sur le véhicule en laissant traîner des affaires sur la banquette. Je ne parle pas du gilet du petit qui avait trop chaud, ni du doudou qui nous attend bien sagement. Je parle du sac supplémentaire, de la glacière qu’on n’a pas pu caser ailleurs, du matelas gonflable pour lequel on n’avait pas de place etc. En clair, on évite de donner des indications sur le fait que la voiture est bien pleine au point de ne pas pouvoir tout mettre dans le coffre.

Alors c’est vrai que quand on voyage avec un petit et qu’on a le lit parapluie, la poussette et le stock de couches et qu’on n’a pas une grosse voiture, on est bien embêtés. Mais il faudra quoiqu’il en soit faire des choix ! Par exemple, favoriser le porte bébé, opter pour un lit de voyage adapté (on trouve des choses bien sympas chez Voyages et Enfants !). Et surtout ne pas emmener de superflu pour les adultes !

  • Trop planifier

« Mais elle est complètement con contradictoire, celle-là ! Elle nous aide à planifier en nous disant de ne pas trop planifier ! »

Un peu. Mais ce que j’entends par-là, c’est qu’une fois que vos grandes lignes sont définies, il faut laisser libre cours au feeling. Pour notre premier road trip en famille, nous avions réservé tous les hébergements d’avance pour éviter le stress sur place. Par contre, nous avions une liste des choses à voir potentiellement autour de chaque étape, mais nous nous sommes adaptés, en fonction du temps, en fonction des conseils des locaux, et en fonction de notre feeling.

Tout dépend d’où se situe votre limite de planification. Certains trouveront complètement dingue d’avoir tout réservé à l’avance. D’autres seraient perdus sans avoir au moins la première nuit bookée. A vous de voir ce qui vous convient, mais laissez un peu de place au feeling. C’est ce qui rend un road trip intéressant !

Sur la route dans le Connemara, Irlande

Et surtout, on garde en tête qu’un road trip, c’est fun, c’est la liberté, c’est l’aventure ! Alors malgré toutes ces suggestions, on use beaucoup du feeling et du gré de nos envies !

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